Caractérisation des systèmes agroforestiers pratiqués dans la zone de Ravines Desroches, 1ere section communale, commune de Limbe au cours de 2017- 2018

 

Caractérisation des systèmes agroforestiers pratiqués dans la zone de Ravines Desroches, 1ere section communale, commune de Limbe au cours de 2017- 2018»


publier Par Frandy Brenord, Ingénieur Agronome

(509) 32197649

frandybrenord@gmail.com

Origine et historicité

Le mot dérive d’un néologiste anglophone « Agroforestery » apparu dans les années 1970. Il s’agit d’un terme moderne ayant un usage de la complantassions, technique culturale traditionnelle. Toutes les terres agricoles ou presque (Lemieux, 1993) sont d’origine agro forestières et cela s’applique totalement à la région : des cultures itinérantes pratiquées par des communautés « perdues » dans la forêt, jusqu’aux essaies actuels de réintroduction de l’arbre dans l’espèce agricole, l’homme n’a fait que pratiquer l’agroforesterie, avec une présence variable de l’élément végétal ligneux et haut et de l’animal. L’agroforesterie ou l’agriculture  multi-étagée est sans nul doute un mode d’utilisation des terres existant depuis des siècles (Philippe D.L. et Dupérier III, 1993) à travers tous les continents, notamment dans les pays tropicaux. Elle n’est ni du domaine exclusif  de l’agriculture ni de celui de la foresterie (Baunier, 1987), mais plutôt un système de production particulier qui associe le secteur agricole à celui de la forêt.

     À la fin du 19ème siècle, face aux situations critiques de l’agriculture sédimentaire, une spécialisation s’est développée en agriculture (Briels et al, 1995). Les progrès de la recherche scientifique ont entrainé une séparation  des pratiques agricoles en différentes disciplines souvent isolées. Avec la montée de la crise écologique mondiale et la dégradation de la situation alimentaire dans les pays développés,  des perspectives plus intégrées ont fait leur apparition (King, cité par Brills, 1995).

     L’une d’elle a été l’agroforesterie qui crée un espace permanent de remédier à la précarité de l’équilibre économique en facilitant une production agricole plus élevée, plus diversifiée et plus soutenue. Vers la fin des années 70, l’intérêt pour la recherche en agroforesterie a tout à fait atteint son point culminant, notamment par la fondation  l’intérêt pour la recherche en agroforesterie a tout à fait atteint son point culminant, notamment  par la fondation de L’ICRAF (International conseil for research Agroforestry) à Nairobi, Kenya (Brills, 1995). Dès lors, on a adopté de nouvelles pratiques des travaux intermédiaires, particulièrement entre forestiers et agriculteurs. Les premiers agriculteurs réclamaient couramment le concours de la forêt en y pratiquant l’agriculture par défriche-brulis (écobuage) pour conserver la fertilité des terres car, ils ignoraient amplement l’usage d’engrais chimique pour rendre les terres beaucoup plus productives.

 Caractéristiques de l'agroforesterie

La structure

Contrairement à l'agriculture et à la foresterie modernes, l'agroforesterie associe des arbres, des cultures et des animaux. Dans le passé, les agriculteurs considéraient rarement les arbres situés sur les terres propices à la culture, tandis que les forestiers considéraient les forêts simplement comme des réserves pour la croissance des arbres (Nair, 1983). Néanmoins, depuis des siècles, les agriculteurs traditionnels ont pourvu à leurs besoins fondamentaux en plantant ensemble des cultures vivrières, des arbres et des animaux (Ibid.).

La durabilité

 L'agroforesterie optimise les effets bénéfiques des interactions entre les espèces forestières et les cultures ou les animaux. En utilisant les écosystèmes naturels comme modèles et en appliquant leurs caractéristiques écologiques au système agricole, il est prévu que la productivité à long terme puisse être maintenue sans dégrader les terres. Ceci est particulièrement important compte tenu de l'application actuelle de l'agroforesterie dans les zones de qualité de sol marginale et de faible disponibilité d'intrants (Ibid.).

Augmentation de la productivité

En améliorant les relations complémentaires entre les composants de l'exploitation, avec des conditions de croissance améliorées et une utilisation efficace des ressources naturelles (espace, sol, eau, lumière), la production devrait être supérieure dans les systèmes agroforestiers par rapport aux systèmes conventionnels. De l'utilisation des terres (Ibid.).

Adaptabilité culturelle / socio-économique

Bien que l’agroforesterie convienne à un large éventail d’exploitations de différentes tailles et conditions socio-économiques, son potentiel a été particulièrement reconnu pour les petits agriculteurs situés dans les zones marginales et pauvres des zones tropicales et subtropicales. Si l’on considère que les paysans ne sont généralement pas en mesure d’adopter des technologies très coûteuses et modernes, que la recherche agricole les a négligés et qu’ils n’ont aucun pouvoir de discernement social ou politique, l’agroforesterie est particulièrement adaptée aux réalités des petits agriculteurs (Ibid.).

Principes et fonctionnement de l'agroforesterie

Tout comme les écosystèmes naturels, les systèmes agricoles sont dépendants d'une biodiversité minimale afin d'optimiser la production et d'assurer leur pérennité face aux perturbations (maladies espèces invasives. stress physiologiques ...). Ce constat est d’autant plus valable dans un contexte de changement climatique avéré: où les extrêmes s'accentuent. L'agroforesterie, en multipliant les strates végétales, permet d'augmenter la diversité en termes d'espèces,  d'habitats,  de  fonctions  écologiques  et  d’occupation   de  l’espace,   ceci afin d’améliorer la captation, la fixation et le recyclage des ressources.

Un système agroforestiers se planifie et s'entretient. Il ne s'agit pas seulement de planter les arbres. Il faut les entretenir régulièrement pour qu'ils remplissent la ou les fonctions pour laquelle ou pour lesquelles on les a plantés ou sauvegardés. L’ombrage  se gère. Il ne doit pas être trop dense. L'espacement  se maitrise, il doit Permettre aux cultures de se développer normalement. Les associations doivent être favorables

Il faut donc connaitre donc l’écologie des plantes à savoir : vitesse de croissance, taille adulte, durée de vie, exposition, type de sol, besoins spécifiques et nutriments : pour atteindre les objectifs de production et pouvoir cultiver longtemps la parcelle sans la dégrader.

Enrichissement du sol : La chute des feuilles participe au renouvellement en nutriments et en azote lors de leur décomposition (Hulse et Pearson, 1979). Le renouvellement racinaire des arbres par leur décomposition apporte des compléments en nutriments au sol et par conséquent aux cultures adjacentes (Dupraz et Liagre, 2011).

Cycle des nutriments : L'exploration différentielle des racines (arbres/ cultures) favorise la mobilisation des nutriments à différents horizons. L'enracinement plus profond des arbres joue le rôle de pompe à nutriments. Elles vont chercher des nutriments profondément dans le sol et les mettent à dispositions dans les horizons plus superficiels du sol (van Noordwijk et al, 1996 dans Malézieux et al, 2009 ; Dupraz et Liagre, 201 1). Toutefois; ce phénomène est fonction de la physiologie d'enracinement des arbres qui dépend elle-même de l'espèce d'arbre et du type de sol (Raimbault, 2003 ; Bachevillier entretien mai 2012)

Classification et typologie de l’agroforesterie

     Si  on veut  bien analyser et évaluer les systèmes agroforestiers existant dans une région, il est très important de faire la classification de ces systèmes, ce qui, par la suite permettra  de mettre des perspectives de plans d’amélioration pratiques et réalistes pour chacun d’eux. Donc, de diverses études ont été à la base de cette classification.

     COMBE et BUDOSKI, en 1972 ont discuté plusieurs formes de classification des systèmes agroforestiers  incluant plusieurs espèces  utilisées. La classification générale adoptée par certains auteurs se base sur les produits à obtenir et le type de combinaison entre les composantes.  Nair, en 1985, a discuté des critères sur lesquels doivent être basées les classifications : elles doivent être structurales, fonctionnels, socio-économiques, et écologiques. Dans ce contexte, une classification basée sur le type de composantes inclus dans le système et le type d’association (spatial, temporaire, séquentiel etc.) est présentée. D’une façon générale on distingue trois grands groupes de systèmes agroforestiers qui sont :

Ø  Cultures agricoles (annuelles, pérennes)

Ø  Arbres (forestiers, fruitiers, fourragers, et de services)

Ø  Élevage (animaux, cultures, fourragères)

Une classification  plus détaillée doit se reposer sur les critères suivants :

1.      Le type de culture et l’importance de l’un des éléments du système.

2.      La durée de l’association

3.      La répartition de l’élément forestier dans l’espace.

4.      La fonction principale de l’élément forestier.


extrait de l’étude sur l’agroforesterie a Ravines Des Roches, Limbé,

La section communale Ravine Desroches, on assiste la dégradation des sols cultivables, la perte de la couverture forestière et le dérèglement climatique. Ainsi, notre travail de recherche s’est donné comme objectif de caractériser les systèmes agroforestiers pratiqués dans la zone de Ravines Desroches 1ere section, commune de Limbe au cours de 2017- 2018 dans le but de mieux appréhender  leur fonctionnement et d’en faire des propositions.

Pour y parvenir, une méthodologie qui s’articule de plusieurs étapes a été adoptée : une étape de recherche bibliographique et web-graphique, une étape de collecte des informations sur le terrain, une étape d’analyse et de traitement des données recueillies. A cet effet, des données ont été collectées sur un échantillon de 48 exploitants en totale, dont  Les exploitants ont été catégorisés en fonction du nombre d’année d’expérience dans l’exploitation du système. Ce sont donc, des exploitants peu expérimentés, soit 20.83% des enquêtés,  qui regroupent les exploitants qui ont entre 1 à 4 années d’expérience dans leur système d’exploitation agricole, des exploitants moyennement expérimentés, soit 27.08% des enquêtés,  qui ont entre 5 à 9 années d’expérience dans leurs systèmes et ceux qui ont supérieur ou égale à 10 ans sont considère comme des exploitants très expérimentés, soit 20.83% des enquêtés.

Dans la section communale Ravine-des-Roches, on identifie trois principaux types de systèmes agroforestiers : agrosylvopastoralisme, sylvopastoralisme, agrosylviculture. Le plus abondant est le système agrosylvopastoralisme qui représente 67.34% des personnes enquêtées. On trouve 24.5% pratique agrosylviculture et seulement 4.1% pratique sylvopastoralisme. Dans les systèmes agroforesteries de la section communale Ravine-des-Roches, on associe de nombreuses cultures comme, manioc, pois, maïs, igname, banane, taro, pistache, piment, patate, melon, juraumon, combo et canne à sucre. Le pois, maïs, manioc, igname et taro sont les cultures les plus associées dans les systèmes agroforesterie de la zone.

La vision des agriculteurs dans la zone face à l’agroforesterie est a priori plus réaliste et plus pragmatique, car elle est plus contingente des conditions de production et de la production elle-même. Les producteurs choisissent leurs cultures suivant leurs besoins économiques, alimentaires et ils préfèrent associer plusieurs types de produits pour augmenter leur capital et  assurer un régime alimentaire varié. La différence de perception entre les agriculteurs et les décideurs est donc bien manifeste dans cette situation.

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