Caractérisation des systèmes agroforestiers pratiqués dans la zone de Ravines Desroches, 1ere section communale, commune de Limbe au cours de 2017- 2018

  Caractérisation des systèmes agroforestiers pratiqués dans la zone de Ravines Desroches, 1 ere section communale, commune de Limbe au cours de 2017- 2018» publier Par Frandy Brenord, Ingénieur  Agronome (509) 32197649 frandybrenord@gmail.com Origine et historicité Le mot dérive d’un néologiste anglophone « Agroforestery » apparu dans les années 1970. Il s’agit d’un terme moderne ayant un usage de la complantassions, technique culturale traditionnelle. Toutes les terres agricoles ou presque (Lemieux, 1993) sont d’origine agro forestières et cela s’applique totalement à la région : des cultures itinérantes pratiquées par des communautés « perdues » dans la forêt, jusqu’aux essaies actuels de réintroduction de l’arbre dans l’espèce agricole, l’homme n’a fait que pratiquer l’agroforesterie, avec une présence variable de l’élément végétal ligneux et haut et de l’animal. L’agroforesterie ou l’agriculture   multi-étagée est sans nul doute u...

Gestion de la fertilité d’un sol, de la matière organique 2020: Ida-developpement

 

Gestion de la fertilité d’un sol, de la matière organique : Ida-developpement

 Auteur: Ing. Agr. BRENORD Frandy

    Date publication : 21 Novembre 2020

 

Généralités sur la fertilité d’un sol

La fertilité des sols est une notion importante dans les domaines de l’agriculture et de l’agronomie, désignant l’aptitude du sol à produire dans les conditions actuelles de cultures. Elle est une des composantes de la qualité des sols dans lequel s’étendu un bastion d’étude et de recherche depuis des temps. La fertilité du sol est l’une des domaines de l’agriculture où de nombreuses et variées études et de recherche ont été effectuées. Dans les pays développés, les travaux de recherche sur la fertilité du sol ont commencé bien avant le 19ème siècle. Dans les pays en développement ces études n’ont pris de l’ampleur que tardivement (Pieri, 1989).

 

On a scindé en trois phases les études relatives à la fertilité du sol et à la nutrition végétale. La période avant le 19ème siècle a été caractérisée de connaissances rudimentaires, basées sur le bon sens sans expérimentations, et avait prôné l’humus comme l’unique déterminant la fertilité d’un sol. Au milieu du 19ème siècle, on a prôné que les plantes absorbent par leurs racines et par leurs feuilles des éléments chimiques (minérale et organique) à l’état de combinaisons simples. Ce qui a donné naissance à une agriculture qui vise à accroître les rendements et à maintenir la fertilité du sol à travers des restitutions minérales et organiques. La troisième phase commença vers 1940 et vise, au-delà d’intensifier et de pérenniser la production, à préserver l’environnement tout incluant la réduction du réchauffement climatique (Kintche, 2011).

 

Il n’existe pas une définition consensuelle de la fertilité des sols car, la valeur scientifique du terme et la possibilité de parvenir à le définir est contestée (Coulibaly, 2012). Donc divers définitions se sont accordées à cette expression, l’une d’entre elle provenant de Michelle Sébillotte (1993) a défini la fertilité du sol comme  l’aptitude cultural du sol qui signifie la capacité de ce sol à produire sous son climat combinant avec des techniques. L’expression de la fertilité du sol est complexe par ces composantes et caractéristiques, et ses facteurs les déterminants.

Les composantes et les caractéristiques de la fertilité du sol

  Les composantes

La fertilité du sol est souvent décrite suivant ces trois composantes : physiques, chimiques et biologique. La fertilité biologique correspond à la capacité des organismes vivant dans le sol (plantes, bactéries, champignons, animaux, protistes) à contribuer à la nutrition végétale. La fertilité physique correspond à la profondeur du sol, à sa texture et à sa structure, qui conditionnent la capacité de pénétration des racines et les mouvements de l’eau et de l’air au sein du sol. Parmi les phénomènes qui peuvent limiter la fertilité physique, on peut citer la compaction, la dispersion des argiles, la croute de battance ou la semelle de labour. La fertilité chimique correspond à l’abondance en proportions suffisantes des nutriments indispensables. Il évoque donc une notion de présences et de quantité des éléments assimilable face au besoin de la culture. Elle sous-entend aussi l’absence d’élément toxique capable de limiter ou de supprimer la productivité du sol (Halidou, 1997).

  Les caractéristiques d’un sol fertile

Un sol fertile est caractérisé par la profondeur de sol suffisante pour le développement du système racinaire et pour retenir une quantité d'eau suffisante, un bon drainage, permettant une aération du sol suffisante pour la respiration racinaire, un pH adapté aux besoins des plantes, généralement situé entre 5,5 et 7,0.

Une concentration suffisante des différents nutriments indispensables aux plantes, sous des formes assimilables, la présence de microorganismes favorables au développement des plantes, une quantité de matière organique suffisante pour permettre une rétention d'eau suffisante et une bonne structure du sol (GRET/FAMV, 1991).

Les déterminants de la fertilité d’un sol

Les principaux paramètres qui régissent la fertilité d’un sol sont : le taux de MO, la richesse minérale du sol puis sa structure et sa texture. Les propriétés acido-basiques du sol (pH), la conductivité électrique et sa Capacité d’Echange Cationique (CEC) dépendent fortement des trois précédents paramètres et sont des indicateurs aussi pertinents à considérer dans l’appréciation de la fertilité d’un sol. Enfin, le rendement des cultures traduit à la fois le niveau de fertilité du sol, l’expression du climat puis dépend des techniques culturales et de la potentialité de la plante concernée à tolérer les conditions du sol et du milieu ambiant (Kintche, 2011).

  La matière organique (MO)

La MO est perçu comme le principal déterminant de la fertilité du sol par ces multiples fonctions sur les propriétés physiques, chimiques et biologique des sols (Pichot et al. E  1980). Au niveau des propriétés physiques du sol, la MO influence positivement la structure du sol par la réduction des phénomènes de battance et par la résistance au tassement. Elles permettent également une meilleure porosité, perméabilité et aération des sols et une meilleure rétention en eau, améliore les propriétés acido-basiques du sol par ces effets positifs sur le pH. Concernant les propriétés chimiques, la MO assure une meilleure régulation du stockage et de la fourniture des éléments nutritifs. Elles permettent au plan biologique, une stimulation de la microfaune et de la microflore du sol (Coulibaly, 2012). La matière organique (MO) qui joue un rôle agroécologique fondamental dans le sol, sont des paramètres de long terme de la fertilité des sols (Nacro, 1997& Hien, 2002). Ainsi, Andrevil Wisly (2011) a conclu dans son étude que l’utilisation de la matière organique de façon convenable contribuerait considérablement à l’augmentation de la fertilité des sols.

  Les éléments nutritifs

Parmi les éléments nutritifs certains sont plus essentiels par rapport à d’autre, bien que tous les éléments aient un rôle a joué pour obtenir un rendement optimal. On compte seize (16) éléments nutritifs qui se sont considérés essentiels pour la plante. Ils peuvent être répartis en deux groupe ; les éléments nutritifs non minéraux (C, H, O) et les éléments nutritifs minéraux qui sont au nombre de 13 et proviennent en grande partie du sol (Abail, 2013). Parmi ces 13 éléments, l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K) sont consommés en quantités élevées et déterminent le niveau des rendements. Les minéraux tels que le magnésium (Mg) et le calcium (Ca) sont consommés en quantités faibles, mais leur carence peut entraver la production en raison de leurs effets qui sont positifs sur les propriétés acido-basiques du sol et de leur interaction positive avec les minéraux majeurs, K notamment (Duchaufour & Souchier, 1979). Voici la description de trois (3) éléments majeur (NPK) pour les plantes cultivées.

Azote

L’azote (N) est prélevé en plus grandes quantités que les autres éléments, il est l’élément nutritif le plus limitant pour les cultures. Son rôle est divers comme : nécessaire pour la production des protéines des cellules, composant principal de la chlorophylle, donne une couleur verte foncée et améliore la qualité du feuillage et la croissance, il a des impacts sur la quantité (grains, racines) et sur la qualité (protéine, teneur en sucre) de la récolte (Abail, 2013). L’azote est absorbé par les plantes sous forme NH4+ et NO3-, les nitrates sont plus dominants et atteignent les racines facilement par leurs mobilité. En termes d’échange, les ions sont attirés par la surface du sol qui varie en fonction du niveau pH. L’azote se minéralise en fonction de la teneur de la MO, donc 20 à 30 kg N/ha pour 1% de matière organique (Inckel et al, 2005).

Potassium

Le potassium existe dans le sol sous forme, d’ion K+, dissous (K de la solution du sol), K échangeable, K non échangeable, K minéral. Les plantes exigent le potassium (K) pour: la photosynthèse, la production de l’ATP; la translocation des sucres; la production de l'amidon dans les grains; la fixation de l'azote par les légumineuses; la synthèse de protéines ; dans la plante, K renforce les tiges et donc aide à protéger contre des maladies et contre la verse. Les plantes absorbent K sous forme d’ions K+. Par rapport aux autres éléments nutritifs, l’absorption de K vient, généralement, après celle de l'azote seulement (Abail, 2013).

Phosphore

Le phosphore peut exister dans le sol sous différents états : phosphate en solution (HPO42- ou H2PO4-), de P adsorbé, P organique et P dans les minéraux du sol. Il est présent dans les plantes et dans le sol en quantités plus faibles que celles de l’azote ou du potassium. Les sols des zones arides sont caractérisés par des teneurs faibles en P assimilable. Le phosphore joue un rôle physiologique à plusieurs niveaux: il favorise la croissance de la plante, son action étant conjuguée à celle de l'azote, le développement des racines, la précocité, et la qualité des produits, la rigidité des tissus, la reproduction, la qualité des produits végétaux (Abail, 2013). Les plantes peuvent prélever des quantités substantielles de phosphore à la désorption et à la dissolution de phosphore. La désorption consiste à la libération du phosphore adsorbé dans la solution du sol (Inckel et al, 2005).

 Structure et texture du sol

Le mode d’assemblage des différents constituants du sol à un moment donné (structure) et leurs proportions (texture) déterminent aussi la fertilité du sol. En général, les sols argileux sont plus fertiles que ceux sableux. En effet, comme la MOS, l’argile retient l’eau et améliore le niveau de drainage du sol, assure la stabilité structurale et contribue à la formation de la CEC (Feller et al., 1996). La part de l’argile dans la formation de la CEC et sa capacité à retenir l’eau, dépendent de sa nature.

  Potentiel d’hydrogène (pH)

La mesure du pH d’un sol est une notation qui permet de définir son état d’acidité ou d’alcalinité. Pour la plupart des sols, on note des valeurs comprises entre 4 et 8,5. Donc en désignant le caractère très acide (pH 4 à 4,5) , acide (pH 4,5 à 5,5), moyennement acide (pH 5,5 à 6,5), neutre (pH 6,5 à 7,5), moyennement alcalin (pH 7,5 à 8,5), alcalin (pH 8,5 à continuer) (Bourchard C., 2008). Lorsque les niveaux de pH sont typiques dans le sol, la concentration d’hydrogène n’a pas par elle-même un impact appréciable sur une plante. Cependant, le pH peut avoir un effet sur d’autres éléments, notamment les éléments nutritifs dans le sol, et des effets directs et indirects sur l’activité des organismes du sol, le cycle de la matière organique, et le rendement des plantes (Ibid.).

 Conductivité

La conductivité électrique des sols détermine leur degré de salinité. Cette salinité se traduit par un comportement diffèrent des cultures vis-à-vis des classes de salinité (cheverry et Robert, 1996). Le niveau de la salinité du sol peut influencer grandement la germination d’une graine et le développement d’une plante (Ibid.) (voir le tableau 1).

Tableau 1: Présentation les valeurs d’interprétation de la conductivité

conductivité

0-0,25

0,25-0,75

0,76-1,25

1,26-1,75

1,76-2,25

>2,25

interprétation

Très bas

bas

normal

haut

Très haut

extrême

                                                                                  Source : Serge, 2016

Gestion de la fertilité du sol par apport de la Matière Organique

Pour la reconstitution de la réserve de matière organique et la restauration de certaines propriétés physico-chimiques du sol, la jachère était traditionnellement pratiquée. Mais, en raison de la demande alimentaire croissante, la pratique de la jachère de longue durée à tendance à disparaître (Floret et al. 1993).  De nos jours, diverses technologies innovantes sont proposées par la recherche pour restaurer la capacité de production des sols comme utilisation du fumier, du compost, de la litière, des légumineuses fixatrices d’azote (Berger, 1996).

Il existe également des apports minéraux pour l’augmentation du rendement des plantes. Cependant Cretenet et al. (1994), cité par Coulibaly (2012) indiquent si la fertilisation minérale peut permettre d’augmenter les rendements, elle est moins conservatrice des aptitudes de production du milieu en comparaison avec les fertilisants (engrais) organiques et les fertilisants organo-minérale. Ainsi la présente étude met évidence sur l’utilisation des engrais organiques (compost, fumier et engrais vert) pour étudier ces effets sur la fertilité du sol dans la zone de Haut-Limbé suivant la quantité de matière organique et des éléments nutritifs apporté par ces fertilisants organiques.

  

Références

KINTCHE Kokou, 2011,

Analyse et modélisation de l’évolution des indicateurs de la fertilité des sols cultivés en zone cotonnière du Togo, thèse de sortie, 216 p

PIERI C., 1989,

Fertilité des terres des savanes, Ministère de la Coopération CIRAD, 444 p.

 

COULYBALI Kalifa, 2012

Analyse des facteurs de variabilité des performances agronomique et économiques des cultures et de l’évolution de la fertilité des sols dans les systèmes agropastoraux en milieu Soudanien de Burkina Faso : approche expérimental chez et par les paysans, thèse de sortie, UPBD, 165 p.

HALIDOU Ouédraogo, 1997,

étude diagnostique de la fertilité des sols cultivés dans le terroir Pouswaka, mémoire de sortie, 103 p

ANDREVIL wisly, 2011

La matière organique et son utilisation dans la gestion de la fertilité des sols dans la troisième section communale de Marmelade, Mémoire de sortie à la FAUCNH

PICHOT, J., 1975,

Rôle de la matière organique dans la fertilité du sol, Agronomie Tropicale, 30, 170-175.

HIEN V., 2002.

La matière organique dans les sols en zone soudano-sahélienne. In : « dégradation des sols au sahel, méthodes et techniques de lutte ». Actes du séminaire, Niamey(Niger), 83-91

INCKEL Madeleine, PETER de Smet, Tim Tersmette, Tom Veldkamp, 2005

Fabrications et utilisation du compost, Pays-Bas, 73 p

ABAIL Zhor, 2013,

Notion sur les propriétés chimiques du sol et la nutrition des plantes, institut national de la recherche agronomique, 35p.

 

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